lundi 25 février 2008

Mirage (poésies raboutées)

Mirage

Ils sont du brouillard

Comme les feux

Des éclairs d’été

Pour la foule massée

Sous la toile de fer

 

Ils sont une déformation

De l’air et elle ressemble

À de l’eau qui tremble

Que je peux détruire

En la chargeant

 

Ces fantômes dont les pas

Attirent le chat à la fenêtre

 

Mes amis arrivent

Les inconnus scintillent

Comme les lettres de mon livre

Mauves par le couchant

Tout ce qui me manque

Est rouge nuit

Et mon sac plein

D’objets inutiles

vendredi 22 février 2008

Tout est comme d'habitude : tout est beau, tout est laid, tout se confond, l'auteur est pleine d'amour et de lassitude

Tout l’après-midi la lumière du soleil a reculé dans la rue. Maintenant l’ombre progresse sur les façades, et devant, et son mouvement a empli mon esprit. J’entends en permanence le son d’une ou deux voitures. Déformé par la vitre, il fait penser à celui d’un avion. À travers la vitre, j’entends plutôt la plainte de l’air traversé par les machines que leurs moteurs. M’occupent aussi les paroles des autres clients : m’occupent telles l’armée. J’ai les pensées si légères qu’un rien parvient à les expulser de moi pour m’envahir.

En route vers ce café je constatais la violente laideur des lieux. En hiver les chantiers sont à l’abandon et les insignes, contrastent avec la grisaille ambiante et les beiges des murs. Jusqu’à ce que je croise le visage d’un pauvre, je me sentais chez moi au milieu de cette vulgarité, de cette négligence, puis je me suis rendu compte que malgré mes efforts, je ne leur ressemblerais jamais. J’ai essayé par la pensée de me glisser dans leur peau, mais il m’est même impossible de concevoir ce que contient leur tête ou de recréer leur langage dans la mienne. Eux pourtant ont pénétré mon cerveau, et avec ceux qui passent maintenant devant la vitre du café. Ils forment un attroupement grandissant. Ils ont en commun ces yeux, ces cernes incompréhensibles, comme les gens des quartiers aisés partagent leur attitude à la fois fuyante et arrogante. Plus je me demande ce qui a inscrit ces ravines sur la peau des habitants de Centre-Sud, moins je suis certaine qu’on puisse y lire quoi que ce soit. Comme si la laideur que je leur trouve était toute génétique, comme si leur manque de goût constituait leur culture propre.

Il ne s’agit pas de la marque de la douleur, ni de celle de la cigarette ou de la bière à 9% vendue quatre dollars la quille. Sinon mes amis et moi nous fondrions dans le décor : nous sommes des imposteurs détectables au premier coup d’œil, nous avons la peau lisse et des vêtements agencés. Même notre solidarité notre affection pour leur quartier a quelque chose d’insultant. Par notre présence, nous changeons son visage.

Ce café à la devanture jaune soleil, plein de plante vertes et de bouffe santé, se remplit chaque jour d’actrices et d’étudiants en politique — ils lisent Nègres blancs d’Amérique — aux guenilles soigneusement choisies — elles n’ont pratiquement rien coûté, mais n’ont pas l’air démodé, ni obsolètes, parce que nous les portons, parce que nous décidons de ce qui est encore portable, à notre grande honte, nous sommes jeunes et bien paraissant, et nous savons. Nous fréquentons la grande école et cela fait de nous de purs étrangers. Nous annonçons sans doute le vol prochain de leur quartier aux pauvres. Nous qui leur apportons la mode, mais je ne me sens pas vraiment coupable. Je ne peux porter seule la responsabilité de l’embourgeoisement, la responsabilité de rien d’ailleurs, moi qui n’ai jamais de convictions assez fortes pour résister à l,assaut du mouvement, du regard ou des mots des autres, qui me demande quotidiennement si je suis une vraie personne.

jeudi 21 février 2008

Le trou visible à travers la date

Tout ce temps je n'ai pas respiré
Ni dormi j'ignore qui a posé mes actes
J'ai remué furieusement dans la ville statique
Me suis tuée sans déranger une molécule
De gaz carbonique

mardi 12 février 2008

Aller aux nouvelles

Je n'en pouvais plus de voir ce poème en première page, même si je n'ai rien de mieux à poster pour le moment.

Je travaille beaucoup, je vais à l'école, je vois plein de films et lis plein de livres, je prépare ma demande de maîtrise en Création littéraire et mon texte pour le Moebius Brisebois.

J'aime beaucoup tous mes amis blogueurs et surtout ceux qui se donnent encore la peine de faire le détour jusqu'ici.

À la prochaine et plein de bises.

Un peu de contenu littéraire : belle phrase tirée du roman de Carlos Fuentes, Le vieux gringo.

Alors le désert lui dit que la mort n'est qu'une fatigue des lois de la nature : la vie est la règle du jeu, non une exception (...).